Décarbonation

Décarbonation industrielle : avant de changer d'équipement, regardez ce que vous consommez déjà

Répartition de l’énergie et des pertes d’une chaufferie industrielle
Où part réellement l’énergie d’une chaufferie — le gisement d’économies à exploiter avant tout investissement.

Réduire les émissions de CO₂ : un objectif évident

Réduire les émissions de CO₂ et la pollution liées à l'activité industrielle, c'est un objectif que personne ne conteste. C'est même une nécessité. Et les évolutions technologiques nous permettent aujourd'hui des choses qui n'existaient pas il y a dix ans : pompes à chaleur haute température, chaudières biomasse, solaire thermique, hydrogène, électrification des procédés… Tout cela est réel et porteur.

Ce qu'on vous propose généralement

Quand on vous parle de décarbonation, on vous propose des équipements. De nouveaux équipements. Des investissements lourds, des chantiers, des contrats de maintenance associés. Chaque solution est censée réduire votre empreinte carbone, c'est vrai. Mais elle part d'un postulat : que votre installation actuelle est exploitée à son maximum.

Et c'est rarement le cas.

La vraie question : qui regarde ce qu'il consomme ?

Combien de sites savent réellement combien de gaz ils consomment par rapport à ce qu'ils produisent ? Combien suivent l'évolution de cette consommation mois par mois ? Combien connaissent le coût réel de l'énergie ramené à chaque tonne produite ?

Très peu. Et c'est là que se trouve le vrai gisement de décarbonation.

Avant d'investir dans du matériel neuf, il faut d'abord savoir où part votre énergie. Une chaudière qui chauffe plus que nécessaire, de la chaleur qui s'échappe par les fumées, des équipements qui tournent à vide : tout cela, c'est du gaz brûlé pour rien. Du CO₂ émis sans raison. Et personne ne vous le signale, parce que cette démarche ne passe pas par un bon de commande.

Deux mondes qui ne se parlent pas

Il y a un problème que je constate sur presque tous les sites : les gens qui gèrent le budget et les gens qui font tourner les machines ne parlent pas le même langage.

Le directeur financier voit une facture de gaz. Un montant global, un coût par MWh, une ligne dans un tableau. Il veut savoir : est-ce qu'on peut dépenser moins ? Combien ? En combien de temps ? Le technicien de maintenance, lui, voit une chaudière. Une température de fumées, un taux d'oxygène, un brûleur qui démarre et qui s'arrête. Il sait que quelque chose ne tourne pas rond, mais il n'a ni le temps ni les outils pour le traduire en euros.

Résultat : le financier n'a pas les informations techniques pour décider en connaissance de cause. Le technicien n'a pas les outils pour traduire ce qu'il voit en arguments chiffrés. Et entre les deux, personne ne fait le lien.

C'est un scénario classique : un directeur d'usine reçoit une proposition pour remplacer un équipement à 200 000 €. Le commercial lui présente un gain de 15 % sur la facture énergétique. Le chiffre est séduisant. Mais personne n'a vérifié si l'installation existante fonctionne correctement. Personne n'a mesuré ce qu'elle consomme réellement par rapport à ce qu'elle devrait consommer. Le gain de 15 % est calculé sur une consommation qui est peut-être déjà anormalement élevée.

DKTECHNIQUE est la passerelle entre ces deux mondes. Je parle la langue du technicien parce que je viens du terrain. Et je parle la langue du décideur parce que chaque intervention que je fais se traduit en euros économisés, en tonnes de CO₂ évitées, en retour sur investissement mesurable. Mon rôle, c'est de transformer une réalité technique en information exploitable pour celui qui décide.

Ma démarche : comprendre avant d'agir

La première chose que je fais, ce n'est pas de sortir un outil de mesure. C'est de m'asseoir avec vous et de comprendre votre activité : qu'est-ce que vous produisez, comment vous le produisez, combien ça vous coûte en énergie, et quels sont vos volumes. Parce que sans cette compréhension, n'importe quelle intervention technique est aveugle.

Concrètement, je regarde vos factures de gaz, vos données de production, vos compteurs. Je rapproche ce que vous consommez de ce que vous produisez. Et très souvent, c'est à cette étape qu'on identifie les premiers écarts : des consommations qui ne correspondent pas au volume produit, des périodes où l'installation consomme alors qu'elle ne produit rien, des postes qui dérivent sans que personne ne s'en rende compte.

Ensuite, j'interviens sur les équipements. Pas pour les remplacer : pour les faire fonctionner correctement. Ce sont des actions immédiates. Un simple réglage sur une chaudière peut réduire votre consommation de gaz de 1,5 % sans rien changer d'autre, sans investissement, sans chantier. Multipliez ça par le nombre de chaudières sur un site, par le nombre de sites, et par douze mois : le gain est concret et immédiat. Moins de gaz consommé, moins de CO₂ émis, même production.

Enfin, je mets en place un suivi. Pour que vous puissiez voir, mois après mois, combien vous consommez par rapport à ce que vous produisez. C'est ce suivi qui vous donne le contrôle. Et c'est à partir de là que vous pouvez décider en connaissance de cause : faut-il régler, faut-il équiper, faut-il remplacer ?

La bonne hiérarchie

  1. Comprendre votre activité et mesurer votre consommation réelle
  2. Optimiser ce que vous avez déjà — réglages, maintenance, suivi — des actions immédiates
  3. Investir dans du neuf — seulement quand les deux premières étapes ont été faites

Tant que vous ne savez pas précisément ce que vous consommez et pourquoi, tout investissement en équipement neuf revient à construire sur du sable. Mon travail, c'est de poser les fondations avant de parler de transition.

Quand je comprends votre production, que j'analyse vos consommations et que j'optimise vos équipements par des actions immédiates, je fais de la décarbonation. La vraie. Celle qui commence par regarder ce qu'on a avant de parler de ce qu'on pourrait acheter.

Références

  • ADEME, Guide « La chaleur fatale industrielle » (2017)
  • ADEME, Guide « Réussir une démarche d'efficacité énergétique en industrie »
  • NF EN 12953-11 (Chaudières à tubes de fumée — Rendement)
  • Directive UE 2012/27 relative à l'efficacité énergétique (Art. 14)
  • INERIS, Guide ICPE 2910 (Combustion)

Vous voulez analyser votre consommation ?

Avant tout investissement, comprenons d'abord ce que vous consommez réellement.